Dans un jardin... mots et images du monde re-cultivés
1991

Ce travail s'inscrivait dans un projet de société visant à améliorer la relation de l'individu(e) à la nature et à la culture. Par delà l'encadrement du champ de l'art, la forêt, immuable dans son ensemble, prend racine dès 1981. En effet, FORET/PARADIGME, RÉPÉTITION POUR UNE ÉCOLOGIE (1981-1988) s'exposait à des milliers de personnes, les faisant s'engouffrer dans son processus, pour re-pe(a)nser la relation artiste/spectateur et pour implanter l'idée de la créativité et de la récupération et du recyclage. FORETS DANS LA VILLE, REPETITION POUR UNE ECOLOGIE était un événement d'art et de vie multidisciplinaire qui incluait FORET/PARADIGME et réunissait des organismes récupérateurs et sept autres artistes pour réaliser un double programme de sensibilisation dans trente commissions scolaires de Montréal et ses environs.

Le jardin a pour fonction de fertiliser la terre déjà labourée et sa nature migratoire en fait un concept qui se prête à merveille au rayonnement dans la vie des valeurs ayant le pouvoir de re-cultiver les relations sociales et de conjurer les conditions atmosphériques propices au développement du dialogue créateur dont le but est l'amélioration de notre environnement. Des ateliers étaient prévus dans la galerie même pour favoriser l'attitude artistique..."ART" est formé sur une racine latine qui signifie "ajuster": s'ajuster dans la vie par l'énergie créatrice!

Des étudiant(e)s partageaient une technique de sculpture donnant forme et structure à leur imagination, une technique qui vise à reconstruire à partir de la "désinformation" quotidienne (véhiculée par le journal), des formes variées de prise de conscience "journalière" face à l'environnement privé et publique! Les participant(e)s apportaient eux-mêmes des journaux, des circulaires et des revues (pour la couleur); je fournissais les élastiques!

LE JARDIN...comme "repoussoir" de formes variées et colorées constituait une sorte d'ovale fermé à une extrémité par un arc de cercle recouvert d'une toile blanche. Celui-ci représente un tableau distordu duquel les sculptures qui composaient l'installation auraient pu émerger. Elles servaient à leur tour de "repoussoir" comme en peinture, c'est-à-dire qu'elles mettent en valeur des éléments du quotidien (papier journal, élastiques, revues, circulaires, récupération et recyclage). Folles et de couleurs vives, les sculptures portaient ombrage au précieux tableau complétant ainsi la dialectique peinture/sculpture que ce travail formalisait. Les ateliers en appendice étaient conçus pour transformer ces oppositions en dialogique, c'est-à-dire qu'ils "informalisaient" la relation artiste/spectateur dans l'oeuvre